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L'art religieux en Castagniccia

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colorsLa Castagniccia est le carrefour des hommes et de la terre, il est donc normal que les voix de l'esprit s'y fassent entendre. Le patrimoine religieux y est exceptionnel, il explique en grande partie les principaux grands moments de l'histoire corse qui ont pour origine la Castagniccia puisque c'est un des lieux où les hommes ont appris à manier la pensée et le verbe. Il faut aussi garder à l'esprit l'exceptionnelle maîtrise de l'outil qui a permis l'entretien des cultures et la construction de temples en l'honneur du Créateur.

L'art religieux recouvre le travail de la pierre, de l'architecture, mais aussi celui de la peinture ou du travail sur bois. Dans une certaine mesure il recouvre aussi l'art du chant. L'on peut tout à fait appliquer à la Castagniccia ce que Denis Guedj place dans les paroles d'un de ses héros dans son roman Les Cheveux de Bérénice : "Je me demande, plus encore à présent, ce que les hommes aurait contruit s'ils n'avaient pas eu de Dieux à abriter"

Sur cette page vous pouvez voir ou télécharger les paroles
de Dio Vi Salvi Regina Dieu Vous Sauve Ô Reine.

Le Baroque en Castagniccia

La période de renouveau de l'Eglise catholique, après la réforme initiée par le Concile de Trente, coïncide avec la fin des guerres de Sampiero et la reprise en main de l'île par Gênes qui en avait retiré la gestion à l'Office de Saint Georges. Le baroque en Corse sera donc celui de la paix génoise.

Le baroque devient donc l'art à la mode. Il va s'exprimer dans les divers matériaux, la peinture, la sculpture et l'architecture. Pour lutter contre la simplicité, la pureté et l'austérité des protestants d'Europe, la nouvelle expression sera un art total ou la mise en scène est primordiale. Le baroque est un spectacle qui s'offre à tous et à tous les sens. Son langage s'adresse à la masse et veut se faire comprendre par tous ; il veut émouvoir, toucher les sens, et pour cela il est l'art de la mise en scène, celui du spectacle populaire qui s'exprime non seulement dans la pierre, mais jusque dans les cérémonies de l'encens, des chants et des prières.

Imposante ou majestueuse, la façade baroque est là pour frapper l'imagination. Souvent en contradiction avec la petite église qu'elle dissimule. Par sa situation dominant la vallée et les petites maisons blotties autour d'elles, par son aspect et les effets de ses riches ornements, elle exprime le rôle d'une nouvelle église, rayonnante dans son art, agrandie, stabilisée, après les chocs qu'elle a subis, et à l'aube d'un nouvel élan.

Devant chaque village, c'est par l'église, son campanile ou sa façade que le regard est immédiatement attiré. Imposante ou majestueuse, la façade, de caractère baroque, est là pour frapper l'imagination. Elle peut être totalement isolée, à égale distance de plusieurs hamaux ou situées en plein coeur d'un village groupé ; elle est souvent bordée d'une place et rarement entourée de maisons assez hautes qui pourraient la dissimuler.

C'est à la fin du XVIe siècle qu'est apparue, en Corse, cette architecture d'un type tout à fait nouveau. Le baroque devait remplacer la tradition des constructeurs romans qui avait perduré jusque-là. La Renaissance, comme le gothique, n'ayant que fort peu touché l'île, l'architecture baroque va pouvoir régner pendant plus de trois siècles sur l'art insulaire. En Castagniccia, la densité architecturale religieuse est telle qu'elle a nécessité la mobilisation massive de moyens financier, cette mobilisation correspond, peut-être, à une période de prospérité économique sans précédent. Comment en effet, de simples villages, ont pu, à ce point appeller sur leur terres autant d'artistes, d'architectes, de maçons, de décorateurs...de religieux si, à la source, les revenus ne correspondaient pas à l'ambition et à la ferveur affichées ?

Piève de Morosaglia et du Rostino

Merusaglia

Église Santa Reparata (5 mn à pied du hameau principal). Église préromane à l'origine, a subit de multiples changements tout en conservant son plan traditionnel à nef unique. Deux serpents entrelacés se mordent la queue sur le tympan de la porte occidentale. Pasquale Paoli y fut baptisé. Comme à Carcheto et daté sans doute de la même époque, Chemin de croix du XVIIIe siècle de facture populaire oeuvre d'un imagier local. La Déposition de Croix (toile ; 0,80 x 0,60). Église Saint-François d'Assise de l'ancien couvent du XVIIe siècle. Triptyque du XVIe siècle.

Valle di Rostinu

Église paroissiale San Michele de style classique. A l'ouest, à 500 mètres sur une route carrossable, ruines de l'église Sainte-Marie-de-Rescamone. Procathédrale de Mariana destiné à servir d'annexe à ce siège épiscopal principal, elle a gardé une vielle abside du Xe siècle en pierres plates de schistes colorés (bruns, gris, verts), extérieurement ornée de pilastres surmontés d'arcatures.
La façade, dont l'appareil en marbre gris est des plus soigné, a été refaite au XIIe siècle sans doute au moment où l'on élève le baptistère octogonal San Giovanni Battista à une dizaine de mètres au sud-est de l'abside. Par son plan, par l'appareil très soigné de ses murs, cet édifice s'apparente aux productions de l'art roman de Pise : en particulier à l'église octogonale du Saint-Sépulcre de Pise (1163) ; la sculpture est l'œuvre d'artisans locaux, celle du tympan du baptistère (Adam et Ève autour de l'Arbre) et du bénitier, qui semblent être des remplois (Xe ou XIe siècle).

Castellu di Rustinu

Église paroissiale Sainte-Marie de style baroque. Magnifique Campanile. Retable du XVe siècle. Après Castello di Rostino, prendre à gauche sur une route en terre. Un sentier se détache bientôt à droite pour la petite chapelle San Tommaso de Pastoreccia (classée M. H. en 1927) située dans le cimetière (15 mn de marche). Préromane, la chapelle San Tomamaso est à nef unique et abside orientée vers l'est.
En 1933, une désastreuse "restauration", due à l'architecte des Monuments Historiques, a eu pour résultat l'effondrement de la vieille charpente et la démolition (par dynamitage !) de la moitié de l'église ajoutée au détachement d'une partie des fresques intérieures, principal ornement du site. Fort heureusement, les éléments qui en réchappèrent donnent une idée de la haute technique des artistes du XVe siècle. A l'abside, le Christ Pantocrator entouré d'anges, de symbole et des Évangélistes Luc (le taureau ailé et auréolé) et Jean (l'aigle aux ailes de paon), bénit le visiteur et lui livre son message : "Ego sum lux mundi et via veritatis" (Je suis la lumière du monde et la voie de la vérité) . Le lion de Saint Marc a disparu, mais l'ange (Saint Mathieu) reste encore visible avec Saint Barthélemy portant sa peau sur son épaule. Sur l'arc triomphal, l'Annonciation et Saint Michel terrassant le dragon et pesant les âmes ; des scènes de la Passion, dont un beau fragment de La Cène, décorent les parties orientales des murs nord, des figures de six saints et saintes regroupés par trois et par sexe et le Jugement Dernier, sur la paroi sud. "Aucune date n'est conservée sur ces peintures mais des détails de style, une recherche de perspective donnée par les lignes fuyantes du dallage ou la présence de rinceaux décoratifs, déjà Renaissance, sur le pupitre de la Vierge de l'Annonciation, permettent de les attribuer à la fin du XVe siècle ou au début du XVIe siècle. En outre, elles ont un petit air de famille avec plusieurs autres fresques ou peintures su bois datées de cette époque, comme le retable de Cassano en 1505" (Mme Morachini-Mazel).

Salicetu

Église dont l'autel repose sur une arche enjambant la rivière.

Chapelle San Quiliciu di Cambia

A 5 mn du hameau, masquée par une abondante végétation, la chapelle est construite en grandes salles de schistes gris-jaune bien appareillées qui lui confèrent une sobre élégance. Élevée probablement dans la première moitié du XIIIe siècle, elle présente une décoration sculptée pleine de vie : remarquer, outre les mordillons des arcatures, les tympans, traités en fort relief de la porte occidentale (la Tentation d'Adam et Ève) et de la porte latérale sud (un homme étranglant un dragon, la victoire du bien sur les forces du mal), surmonté d'un motif d'entrelacs. La chapelle Santa Maria, à 10 mn à l'est de Corsoli, hameau de Cambia, est un édifice roman d'un style très pur assez semblable à la précédente et bâti à la même époque, mais elle est presque entièrement dépourvue de décor sculpté.

Piève de L'Ampugnani

La Porta

campanileÉglise Saint-Jean-Baptiste, construite aux environs 1648 et agrandie vers 1680, suivant un plan à nef unique et chapelles latérales scandées par des pilastres à chapiteaux corinthiens, est la plus célèbre des églises baroques corses, un véritable chef d'œuvre puissamment figé sur de puissantes assises.
Sa façade à deux étages (1707), achevée par l'architecte milanais Domenico Baia, et son campanile (1720) à cinq étages (45 m) réunissent tous les éléments du rococo. On notera le côté triomphaliste, entièrement reporté sur le fronton ; celui-ci tranche avec le premier étage plus dépouillé aux pilastres simples et aux colonnes qui encadrent un portail d'entrée surmonté d'un fronton tout en courbes.

Au second niveau, des volutes agrémentées de coquilles rendent l'édifice léger et incitent l'œil à s'élever vers le ciel. Pour le clocher, le mouvement part d'une base à géométrie pure et se complique pour s'achever comme une flamme figée par un petit dôme hexagonal flanqué de quatre pyramidions. Sur la façade de l'église, un crépi, dont la couleur ocre et blanc "baroque", a donné lieu à moult discussions villageoises, à remplacé l'ancien revêtement fait d'un mélange astucieux et qui avait la même patine dorée que la pierre qui affleurait. L'ensemble demeure toutefois harmonieux avec son joli décor de pinacles, volutes et coquilles encadrant une fenêtre ovale. La porte d'entrée est, elle aussi, entourée de gracieux pilastres et de colonnes en trompe-l'œil.
À l'intérieur, outre un décor habituel tourmenté de stucs et de peintures de voûte en camaïeu réalisées par Girolamo da Porta en 1886, le maître-autel est surmonté d'un retable architectonique à un seul pan encadré de doubles colonnes à chapeaux corinthiens. Dans un imposant médaillon apparaît le Saint-Esprit. Les ailerons du fronton sont garnis d'angelots en ronde bosse. Plusieurs tableaux offerts par Napoléon III ornent l'église. L'église possède une remarquable Décollation de Saint Jean-Baptiste du XVIIIe siècle, petite toile située sur le devant du chœur à droite et le Martyre de Sainte Eulalie de Barcelone de Louis Destouches (1848), L'Annonciation, copie de Guido de Reni dont l'original est au musée du Louvre. Parmi les bois sculptés : grand Christ de la Chapelle Sainte-Croix du XVIIe siècle ; rentrant, à droite, œuvre du XVIIe siècle classée par les Beaux-Arts. Christ plus petit au-dessus des fonts baptismaux devant le chœur à gauche. Il pourrait être de la fin du XVIe siècle. Vierge en bois doré et deux anges adorateurs en même matière (XIXe siècle), offert par le Dr Conneau, dignitaire du Second Empire et enfant du pays. Mobilier liturgique (classé) : chape rehaussée de fils d'or XVIIIe siècle, calice en argent (1770), burette et plateau argent début du XIXe siècle. La table de communion et les soubassements de l'autel sont en marbre de Carrare. Cuve baptismale du XVIIIe siècle (ancien bénitier de l'église). Peintures et décors de la voûte des chapelles latérales de part de d'autre de l'entrée dues à Baina (1704-1707).
logo orgueL'orgue de style italien date de 1780 construit au couvent de Rogliano par le moine franciscain Maracci, a été transporté à la Porta sous la Convention (an VII) par le commissaire Salicetti (dont l'épouse était originaire de La Porta) après destruction du couvent voisin de Saint-Antoine de Casabianca pour lequel il avait été destiné. Restauré en 1965 par le maître facteur d'orgue Fromentelli de Vérone. Edifice classé le 18 II 1975.

Quercitellu

Chapelle San Ciprianu Édifice inscrit le 22 X 1976. Pour en savoir plus visiter ce lien.

Église de la Vierge du Mont Carmel. Édifice classé le 19 XI 1976.

 

Giocatoghju

giocatoÉglise San Quilico (XVIIe). Quelques éléments de l'église préromane sur la façade. Maître-autel en marqueterie de marbre. Le monument a été reconstruit dans la deuxième moitié du XVIIIe siècle et achevé en 1802. Nouvelle restauration terminée en août 2000 après deux années de travail. Rénovation façade, toiture, sol en terre cuite : entreprise Nicolaï (Furiani) ; analyse chimique des maçonneries et enduits Gilles Fauck (Pontoise) ; traitement des murs contre la remontée d'humidité : Fabien Paoli (Furiani) ; recherche de l'ensemble des décors intérieurs couverts par des peintures modernes : Bernard Bahuet (Haute-Provence) ; peintures murales Mlle Katia Martinetti (Cervione) ; restauration menuiserie extérieure et mobilier : entreprise Verdier (Furiani) ; le maître-autel a été réalisé par l'ébéniste de Croce, Abel Racio. Entreprises locales de maçonnerie et d'électricité Cossa et Léonardi (La Porta) ; fabrication spéciale de lustres à partir de modèles génois entreprise Montagnier (Paris). Édifice classé le 15 II 1977.

Couvent Sant'Antone di Casabianca

Fondé en 1420 au col de Saint-Antoine, aujourd'hui en ruine, il joua un rôle important dans les luttes du peuple corse. Ici, Pasquale Paoli fut élu générale de nation, au cours de la Consulta réunie le 14 juillet 1755. En décembre 1797 se déroula au même endroit une autre consulta dite "de la Crocette". Des Corses décidèrent de se soulever contre la République et la persécution religieuse. Agostino Giafferi alors âgé de 80 ans y fut choisi pour chef. Deux mois plus tard, le vieil homme tombera à Bastia sous les balles d'un peloton d'exécution. Édifice inscrit le 30 I 1990.

Ortiporiu

Église paroissiale Saint-Augustin (XVIIIe siècle). Fronton à deux obélisques ; clocher campanile, toiles provenant de la collection du cardinal Fesch. Maison familiale du général Moroni.

Campile


Église Saint-Pierre-et-Paul (XVIIe siècle), de style baroque, renferme un tableau du XVIe siècle, La Dérision du Christ.

Canaghia

Chapelle romane Saint-Michel.

Piève d'Orezza

Campana

Suivre la D 71. Église paroissiale Saint-André. A l'intérieur, derrière l'autel, une toile de l'école de Séville : l'Adoration des bergers (toile ; 2,50 x 1,53). Cette peinture a été offerte en 1895 à l'église de son village par Jean Campana, qui l'aurait acquise dans le sud de la France. Peinture à rapprocher, par sa technique picturale et ses visages de type andalous, de celle du musée de Grenoble signée par Zurbarãn (1598-1664) en 1638 et de celle du musée de Cordoue, de 1630, attribuée, sans preuves certaines, à l'élève de Zurbarãn, Sabaria. Autre toile : le Chris Mort (XVIIe siècle). Elle appartient à l'école de Séville du XVIIe siècle si l'on considère la composition, la gamme des coloris, la technique du clair-obscur ; le souci du détail réaliste s'exprime dans la nature morte du premier plan, les vêtements rudes des bergers et les visages de type andalous (petit gitan tourné vers le spectateur qui montre du doigt, en riant, l'Enfant couché dans la Crèche auquel il a apporté un panier d'oeufs en cadeau).
Ascension du Mont San Pedrone vers le 9 août, Messe célébrée au sommet de la montagne Tél. 04 95 35 82 54

Couvent d'Orezza

Détruit en 1943 par les Allemands qui l'avait transformé en dépôt de munitions, le couvent Saint-François est aujourd'hui en piteux état, couvert de lierre, complètement à l'abandon. Longtemps le sol a été recouvert de douilles. Fondé par les Franciscains, désaffecté à la Révolution, il a joué un rôle important au XVIIIe siècle comme lieu de consultes (assemblées). En mars et avril 1731, le chanoine Erasmo Orticoni et une vingtaine de théologiens s'y étaient réunis pour examiner la légitimité de la révolte contre Gênes. En janvier 1735, l'avocat Sebastiano Costa, Luigi Giafferi et Giacinto Paoli y votèrent deux résolutions en faveur de l'indépendance du royaume et de l'adoption d'une Constitution. En 1744, c'est du couvent que Saint Léonard de Porto Maurizio, mandé par le pape Benoît XIV, prêcha contre une mission contre la vendetta qui ensanglantait la Corse. En 1790, Pasquale Paoli y aurait rencontré Napoléon Bonaparte.

Piedicroce d'Orezza

Église Saint-Pierre-et-Saint-Paul, construite en 1691 reflète le caractère grandiose du lieu. Les armoiries de Saint-Pierre, entourées de volutes enrubannées de style rococo, surmontent la porte d'entrée de cet édifice baroque dont la façade combine des chapiteaux composites surmontés d'une architrave mouvementée. Campanile hexagonal à arcatures. Dans la nef aux sept chapelles latérales, décor de fresques et de stucs (les apôtres sont peints dans des médaillons, la Résurrection sur la voûte). Au centre d'un superbe retable, la Vierge du rosaire par Emmanuele Constantini (1764). Le maître autel, doté d'une remarquable composition iconographique et flanqué de deux anges cariatides est orné au centre d'un médaillon en bas relief, la figure de Saint Pierre aux liens ; au dessus de maître autel, Madone à l'Enfant entre des anges musiciens (peinture sur bois du XVIe siècle). Sur les panneaux latéraux, Saint-Pierre et Saint-Paul. L'orgue (début XVIIe siècle) est le plus ancien de Corse. La chapelle de la confrérie Sainte-Dévote (XVIIIe siècle) est de facture très classique. Entre les pilastres, statues dont celle de Sainte Dévote. Peintures ornementales au plafond. Table d'autel ouvragée. Le buffet d'orgue polychrome enchâsse un ancien instrument provenant de la cathédrale de Bastia et attribué à Giorgio Spinola (1617-1619).
C'est, avec l'église de La Porta, un des plus beaux exemples de l'architecture baroque de Corses

Carchetu-Brusticu

Église Sainte-Marguerite, fin XVIe siècle. Un des monuments religieux les plus émouvants de Corse. Oeuvre d'artistes locaux loin de la pompe baroque habituellement de mise au XVIIe et XVIIIe siècle. Architecture harmonieuse. Monumental clocher ajouré. Ses architraves, niches et décrochements sont caractéristiques de l'art baroque triomphant. Remarquer la chaude couleur de la pierre qui contraste avec la couleur noire des trous de boulin. A l'intérieur, un débordement de couleur : gypseries, stucs, polychromie ivoire et rouge participe au même ensemble coordonné. Maître-autel au pied duquel Sainte Marguerite a été représentée, chaire et retable de la Chapelle au Rosaire combinent des marbres multicolores. Grand tabernacle en bois polychrome. Mobilier de sacristie derrière le maître-autel. Le Chemin de croix toile d'art populaire (1790) fourmille de détails : pleureuses traditionnelles corses, petit enfant bouclé préparant les clous pour le bourreau. Iconographie traditionnelle corse de la Mise au Tombeau. Présence aussi d'une Vierge à l'Enfant du XVIIIe siècle d'origine italienne peut-être (retombé des plis de son vêtement et drapé de son manteau) portant les attributs de sa royauté : couronne et sceptre. Les orgues proviennent du couvent d'Orezza. Édifice classé le 22 X 1976.

Prunu

Vestiges d'une chapelle du Xe-XIe siècle, Sainte-Marie-de-Canovaria et ses fresques. Édifice classé le 18 X 1983.

Scata

Église Sainte-Cécile d'origine romane. Non de là, chapelle romane, Saint-Martin-de-Lumito.

Ensemble de l'église Saint-Jean-Baptiste avec son campanile

Piève de l'Alesani

Ancien couvent Saint-François d'Alesani (commune de Novale)

alesaniviFondé en 1236, dix ans à peine après la mort de Saint-François-d'Assise, vraisemblablement en retrait de son emplacement actuel. La secte des Giovannali y aurait trouvé refuge avant son extermination. Reconstruit en 1354 et maintes fois modifié. L'église actuelle date de 1716. Vingt ans plus tard, Théodore de Neuhoff, l'un des plus singuliers aventuriers du XVIIIe siècle, y sera couronné rois de Corse, le 15 avril 1736 par une assemblée générale composée de deux délégués par commune et des délégués des églises et des couvents de la Corse.

alesanivi1Autour du monastère campait une garde de deux milles patriotes. Mais n'ayant pu avoir les secours qu'il espérait, le roi Théodore dut quitter la Corse et aller errer en Hollande et en Angleterre cherchant partout des alliés. Plusieurs fois il tenta de retrouver sa royauté, sans succès. Le couvent Saint-François est un des hauts lieux de la résistance corse à l'occupant génois (classé M. H. en 1929).

alesanivi2Bâtiments conventuels à deux étages. Cloître et église à une seule nef, couverte d'une voûte à pénétration. Le clocher qui s'est écroulé en 1943 n'a pas été reconstruit. Chœur et maître-autel, surmonté d'un arc triomphal et ses stalles du XVIIIe siècle sont à découvrir. La Vierge à la cerise, panneau sur bois (0,50 x 0,40), la plus belle pièce de l'église, est attribuée à Sano di Pietro (1406-1481), peintre siennois surtout, à l'époque où sa manière était influencée par Sassetta. Le hiératisme de la Vierge rappelle des œuvres plus anciennes (traitement du visage et des mains, plis du vêtement, tendresse familière du front de l'enfant contre le visage de sa mère) en particulier une Vierge à l'Enfant conservée à l'oratoire de Sienne. Belles stalles (1713).
Fête religieuse et procession vers le 8 septembre, Tél. 04 95 35 82 54

Felce

Église à toiture de schiste surmontée d'un clocher à quatre étages. L'intérieur révèle des fresques naïves bien conservées : Baptême du Christ sur la gauche, sur un pendentif de la voûte, l'auteur, palette en main flotte sur les nuages. Dans le chevet plat, Annonciation dans des arcades en trompe l'œil d'époque Renaissance. Le tabernacle a été sculpté au couteau par un bandit corse. Pour en savoir plus visitez le site du village.

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