STORIA DI A COMMUNA DI QUERCITELLU
Au col de Prato bocca di u Prato, "Atlantide" et Miséricorde
Du col de Prato, on aperçoit au sud sur le chemin qui monte au San Petrone, à 800 mètres au sommet d'une petite pente, une église en ruine qui aurait été une cathédrale (San Petrucolo). La pauvreté et l'isolement de l'édifice laisse sceptique (13 m 57 de longueur sur sur 6 m 50 de largueur), le présent auteur de ce site peut vous le confirmer. Or, une autre tradition orale contredit la précédente et place la cathédrale plus loin et plus haut encore dans la montagne. Des restes de cette seconde église sont encore visibles, paraît-il, à proximité du sommet du San Pedrone. Mais pourquoi une cathédrale aurait-elle été édifiée en un lieu aussi élevé et aussi désertique ?
Le San Pedrone, 1776 mètres d'altitude, est en effet régulièrement bloqué par les neiges en hiver et n'a jamais été fréquenté, dans le passé, que par des troupeaux et des bergers. Ce que l'on sait c'est que San Pedro d'Accia a été fondée à la suite de la bulle Justus dominus (1133) pour remplacer la chapelle San Petrucule d'Accia, un évêché crée pour accorder à Pise et à Gêne un nombre égal d'investitures épiscopales en Corse. Les évêchés d'Ajaccio, de Sagone et d'Aléria dépendaient de Pise ; ceux de Mariana et du Nebbio de Gêne, le diocèse d'Accia fut donc crée de toutes pièces en détachant l'Ampugnani et le Rustino de leurs diocèses antérieurs et la cathédrale fondée à la limite des deux pièves. La ville d'Accia aurait été située près du col de Prato, les ruines sont cependant introuvables et l'on doit se rendre à l'évidence : il n'y eu sans doute jamais de ville au col de Prato si ce n'est dans l'imagination des populations locales.
Accia c'est un peu "l'Atlantide de la Castagniccia". Quant à l'église-cathédrale du col de Prato (San Pietro ou San Petrucolo, le "petit" Saint Pierre à coté du "Grand" San Petrone), c'était un modeste oratoire ; sa voûte semi-circulaire laisse apparaître un blocage de petites pierres plates éclatées et mal équarries assez fréquentes dans les sanctuaires primitifs et sur les murs qui séparent les parcelles des terrains cultivés ; subsistent l'élévation du cœur et son abside et les bases d'une nef de plan basilical. Point de clocher ni de sacristie. San Pietro évoque plutôt les églises de mission fondées en Corse, à la fin de l'Empire Romain et au début du Moyen Age, chargées évangéliser les populations des montagnes ; des relais de la foi en quelque sorte, sûrement pas des cathédrales qui sont les émetteurs urbains principaux de la croyance chrétienne. Il s'agissait alors, pour le pape Grégoire le Grand attristé, en 596, par le retour de la barbarie et des mœurs païens sur l'île, de relever les édifices détruits par les invasions et d'évangéliser des populations de l'intérieur de l'île qui adoraient encore "la pierre et le bois".
D'après les recherches archéologiques menées sur les lieux, cet édifice serait d'une vénérable ancienneté : serait-ce l'église fondée par Grégoire le Grand dans la montagne de Nigeuno "en l'honneur du bienheureux chef des apôtres Pierre et du martyr Laurent" (missives du pape l'évêque d'Aléria de 596 et 597 lui ordonnant de consacrer et de résider sur le sanctuaire) ? Si des édifices cyclopéens subsistent à proximité du col, les ruines de San Petrucolo correspondraient à celle de la basilique mais il n'y a toujours aucune trace du baptistère.
L'évêque d'Accia chanta sa première messe devant la porte extérieure de l'église du col et n'y pénétra jamais (1560-1561), il du repartir le soir même car il n'y avait pas de maisons à Accia et du se réfugier à Casabianda. Un siècle plus tard, le diocèse avait été supprimé, par rattachement à celui de Mariana et, vers 1646, la messe n'était dite que deux ou trois fois l'an à San Pietro.
De nos jours, perpétuant cette vielle tradition, une procession de "toutes les pièves" suivie d'une messe le 1er août est dite en la chapelle du Col de Prato.


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